Fausse convocation de la police ou de la gendarmerie : c'est une arnaque

Par l'équipe TrustCheckMis à jour le 2 septembre 20267 min de lecture

Un courriel arrive, logos de la gendarmerie, d'Europol et de la Justice, signé d'un haut gradé. Il vous accuse d'une infraction sexuelle, exige une réponse sous 72 heures et propose de régler une amende. Le ministère de l'Intérieur écrit qu'il n'envoie jamais de courriel pour procéder à des auditions. Vous n'avez rien à répondre.

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Le courriel, tel qu'il arrive

Il porte des logos : gendarmerie nationale, ministère de la Justice, parfois Europol ou Interpol. Il est souvent en pièce jointe, au format PDF, avec un numéro de dossier et des articles de loi.

Le texte vous accuse d'une infraction grave à caractère sexuel. Il cite un magistrat, un tribunal, un délai — 72 heures dans l'exemple documenté par Cybermalveillance.gouv.fr. Il menace d'un mandat d'arrêt, d'un fichage comme délinquant sexuel, et même de la transmission du dossier à des chaînes de télévision d'information.

La signature est celle d'un gradé : un commissaire divisionnaire, un chef de la Brigade de protection des mineurs, ou, dans la variante décrite par la gendarmerie nationale le 11 août 2026, une imitation de la signature du directeur général de la gendarmerie nationale. Ce message-là proposait le règlement à l'amiable d'une amende forfaitaire de 3 150 euros.

Voilà le mécanisme entier : la honte, la peur, et une porte de sortie payante.

Les deux phrases qui règlent la question

Elles viennent des autorités elles-mêmes, et elles suffisent.

Le ministère de l'Intérieur écrit, dans son communiqué sur l'escroquerie au faux courriel, que ses services n'envoient jamais de courriel pour procéder à des auditions.
Le même communiqué précise que les infractions mentionnées dans cette pseudo-convocation ne font jamais l'objet de transaction, et que leur traitement s'inscrit dans le cadre judiciaire sous le contrôle d'un magistrat.

Autrement dit : ni la convocation par mail, ni l'amende à régler pour effacer l'affaire n'existent. La gendarmerie nationale le redit dans ses propres mots sur son site Gendinfo, le 11 août 2026 : elle ne procède jamais de cette façon.

Ce que l'escroc a fait pour paraître vrai

Comprendre le montage aide à ne plus le craindre.

Dans le messageCe que disent les autorités
Un nom de gradé identifiable, parfois vérifiable en ligneCybermalveillance.gouv.fr : les escrocs utilisent des noms de cadres réels ou fictifs de la police, de la gendarmerie, d'Europol et de la Justice
Des logos officiels et des articles du code pénalLa gendarmerie nationale, le 11 août 2026 : les fautes grossières ont quasiment disparu, l'arnaque est plus difficile à repérer qu'avant
Une adresse d'expéditeur qui ressemble à une adresse officielleLa gendarmerie nationale : si l'adresse ne se termine pas par @interieur.gouv.fr, le message est frauduleux
Une adresse IP citée comme preuve techniqueCybermalveillance.gouv.fr relève des adresses impossibles, comme 146.29.7.458, où un nombre dépasse 255
Une amende à régler pour éviter le tribunalMinistère de l'Intérieur : ces infractions ne font jamais l'objet de transaction

Cybermalveillance.gouv.fr suit ces campagnes depuis l'été 2020 et les décrit comme incessantes. Un exemple documenté par la plateforme : le nom d'une commissaire divisionnaire ayant réellement servi à la Brigade de protection des mineurs entre 1995 et 2010, partie à la retraite le 1er octobre 2014 selon le Journal officiel, et signant encore des courriels des années plus tard.

Ce n'est pas une petite affaire artisanale

En juin 2023, la gendarmerie nationale a annoncé l'interpellation de 19 personnes liées au blanchiment d'extorsions par courriels de fausses convocations judiciaires, pour un préjudice de plus de 3 millions d'euros, obtenu par l'envoi de plusieurs centaines de milliers de courriels.

Plusieurs centaines de milliers de courriels : c'est le bon ordre de grandeur pour se rappeler que ce message ne vous visait pas, vous. Il n'y a pas de dossier. Il y a une liste d'adresses.

Les trois gestes, dans l'ordre

  1. 1Ne répondez pas, ne cliquez sur rien. Pas de réponse, pas de pièce jointe ouverte, pas de lien suivi, aucun paiement. Le ministère de l'Intérieur donne exactement cette consigne.
  2. 2Gardez les preuves. Des captures d'écran du message, de l'adresse d'expéditeur et de la pièce jointe.
  3. 3Signalez. Sur cybermalveillance.gouv.fr, et à l'adresse dédiée de l'Office anti-cybercriminalité, dnpj-ofac-pce-escroquerie@interieur.gouv.fr, indiquée par le ministère de l'Intérieur.

Si un paiement est déjà parti, appelez votre banque au numéro figurant au dos de votre carte, puis déposez plainte : le ministère de l'Intérieur recommande la plainte dès qu'un versement a eu lieu. Le réflexe est le même que pour l'arnaque au faux conseiller bancaire.

Ce que la loi dit de l'escroc, pas de vous

Deux articles, utiles à connaître parce qu'ils remettent les rôles dans le bon sens.

  • Article 226-4-1 du code pénal : usurper l'identité d'un tiers pour troubler sa tranquillité est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende, y compris en ligne.
  • Article 313-1 du code pénal : l'escroquerie est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 € d'amende.

La personne en infraction, dans cette histoire, est celle qui a écrit le courriel.

Où appeler, et à qui parler

  • 17Cyber, 17cyber.gouv.fr : l'assistance publique en ligne pour les victimes, gratuite, proposée avec la police et la gendarmerie.
  • Cybermalveillance.gouv.fr : le diagnostic et le signalement, recommandés par le ministère de l'Intérieur et la gendarmerie pour cette arnaque précise.
  • Le 17 en cas d'urgence, ou le 112 ; un SMS au 114 en cas de difficulté à parler ou à entendre.
  • Le 39 77 pour la maltraitance des personnes âgées ou en situation de handicap, numéro rappelé sur la page officielle de la gendarmerie consacrée à cette arnaque.

Le vrai danger de cette arnaque : le silence

Les autres arnaques se racontent. Celle-là, non. L'accusation est infamante, la personne n'ose pas montrer le message à ses enfants, et elle reste seule avec un délai de 72 heures qui tourne dans sa tête. C'est précisément l'effet recherché.

Si un tel courriel arrive chez vous ou chez un proche, la première chose à faire est d'en parler à quelqu'un, tout de suite, avant même de signaler. Il n'y a rien de honteux à montrer un faux document.

C'est ce moment-là que TrustCheck occupe : un numéro français, l'assistant TrustCheck répond en quelques secondes, à toute heure, écoute ce que le message dit, et confirme qu'il s'agit de cette arnaque et ce qu'il faut faire ensuite. Sans jugement, et sans avoir à réveiller sa fille. Voir la protection TrustCheck.

À retenir

Le ministère de l'Intérieur écrit que ses services n'envoient jamais de courriel pour procéder à des auditions, et que ces infractions ne font jamais l'objet de transaction. La gendarmerie nationale précise qu'une adresse ne se terminant pas par @interieur.gouv.fr est frauduleuse.

Un nom de gradé exact ne prouve rien : Cybermalveillance.gouv.fr documente l'usage de noms de cadres réels. Ne répondez pas, ne payez pas, gardez les preuves, signalez sur cybermalveillance.gouv.fr. Et parlez-en à quelqu'un le jour même.

Questions fréquentes

La police ou la gendarmerie convoque-t-elle par courriel ?

Non. Le ministère de l'Intérieur écrit, dans son communiqué sur l'escroquerie au faux courriel, que ses services n'envoient jamais de courriel pour procéder à des auditions. La gendarmerie nationale confirme le 11 août 2026, sur son site Gendinfo, qu'elle ne procède jamais par un mail proposant le règlement à l'amiable d'une amende.

Peut-on payer une amende pour éviter des poursuites de ce type ?

Non. Le ministère de l'Intérieur écrit que les infractions mentionnées dans cette pseudo-convocation ne font jamais l'objet de transaction, et que leur traitement s'inscrit dans le cadre judiciaire sous le contrôle d'un magistrat.

Comment reconnaître le faux courriel ?

La gendarmerie nationale indique que si le message ne provient pas d'une adresse se terminant par @interieur.gouv.fr, il est frauduleux. Cybermalveillance.gouv.fr relève aussi des adresses IP impossibles dans ces messages, comme 146.29.7.458, alors qu'un nombre n'y dépasse jamais 255.

Le nom du signataire semble réel, est-ce que cela change quelque chose ?

Non. Cybermalveillance.gouv.fr explique que les escrocs utilisent des noms de cadres réels ou fictifs de la police, de la gendarmerie, d'Europol et du ministère de la Justice. La plateforme cite le cas d'une commissaire divisionnaire qui a réellement servi à la Brigade de protection des mineurs, mais dont le nom est usurpé des années après son départ à la retraite.

Que faire si j'ai déjà payé ?

Appelez votre banque au numéro figurant au dos de votre carte pour signaler l'opération, puis déposez plainte : le ministère de l'Intérieur recommande le dépôt de plainte lorsqu'un paiement a déjà été effectué. Conservez le courriel et les preuves de virement.

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